Température en hausse, salaires en baisse

Publié le 30/06/2026

L’augmentation du prix des carburants et du gaz se propage sur l’alimentation et les autres besoins du quotidien. L’inflation est partie pour durer. Cela veut dire qu’avec la même somme d’argent, on pouvait acheter il y a quelques mois plus de choses qu’aujourd’hui. Les entreprises profitent de la hausse du coût de l’énergie et des matières pour augmenter leurs marges et ensuite leurs bénéfices, en bloquant nos salaires et en refacturant encore plus cher l’ensemble des coûts de production. C’est la boucle « prix/profits ». Comme les salaires ne sont plus indexés sur les prix depuis 1983, quand les prix augmentent, les salaires réels (c’est-à-dire ajustés de l’inflation) diminuent. Nous perdons en niveau de vie. L’Insee prévoit une baisse des salaires réels de 0,5 % au deuxième trimestre 2026 qui s’ajoutera à celles de ces dernières années.

Le phénomène va s’amplifier. D’un côté le gouvernement refuse la petite taxe Zucman, c’est-à-dire pour qu’enfin les plus fortunés contribuent comme le reste de la population aux financements publics. De l’autre, il prévoit, discrètement par décret pendant l’été, une diminution des remboursements de médicaments qui entrainera l’augmentation des frais de mutuelles pour tous les retraité·es et les salarié·es au lieu de sortir des exonérations de cotisations sociales pour améliorer notre système de protection sociale solide et solidaire.

Justement, au lieu d’encourager les primes non cotisées comme celle dite de Partage de la valeur (PPV), nous défendons des augmentations générales de salaire Brut, ça augmente le salaire Net pour tout le mois et les droits pour toute la vie. La question des salaires et de la vie chère est dans le quotidien de nos entreprises avec de nombreux débrayages (grève de 1 à plusieurs heures). Après avoir construit les revendications avec les salariés, il est important de commencer par une pétition, et, si la direction n’entend pas, par 1 heure de débrayage, puis de plusieurs, en cherchant à chaque étape de l’action syndicale à revenir vers tous les salariés pour élargir la mobilisation. Notre véritable force c’est notre nombre.

Cette bataille dans les entreprises nous la poursuivons dans les branches professionnelles comme celle du textile industriel où nous réussissons à nouveau à gagner l’indexation de tous les différents niveaux et échelons des grilles de la convention collective sur la revalorisation automatique du SMIC au 1Er juin, avec clause de revoyure en cas de nouvelle augmentation. Nous revendiquons que cette échelle mobile des salaires se traduise dans une loi pour protéger le niveau de vie de tous les salariés combinée aux nécessaires augmentations générales de salaire.

C’est la revendication qui a été adoptée lors du congrès confédéral. Celui-ci a permis d’apaiser la CGT, de réélire notre secrétaire générale Sophie Binet avec laquelle j’ai été reconduit au bureau confédéral. Sur les salaires et les retraites comme sur les syndicats professionnels de territoire auxquels notre fédération est attachée, il faut mettre en pratique le document d’orientation. Nous y prendrons notre part et poursuivrons ces débats et ce travail lors de notre congrès THCB du 13 au 16 octobre prochain à Hyères dans le Var.

Progresser sur nos pratiques syndicales pour gagner l’amélioration de nos conditions de travail et nos salaires

Dans ce moment où le dérèglement climatique nous touche directement, ce qui va être déterminant c’est de progresser sur nos pratiques syndicales pour gagner l’amélioration de nos conditions de travail et nos salaires. Personne ne pourra s’en sortir seul, pour se protéger nous devons nous organiser collectivement pour être efficace syndicalement. 

Thomas VACHERON
Suivre@thomasvacheron sur Instagram - Bluesky
Secrétaire fédéral
Editorial du journal de la Fédération THCB, juin 2026 


Source  : Journal du THCB juin 2026


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