Quel avenir industriel pour Toray Films Europe ?

Publié le 01/06/2026

La direction de Toray Films Europe, implantée à Saint-Maurice-de-Beynost, près de Lyon, et spécialisée dans la fabrication de polyester et de polypropylène, embarque aujourd’hui les 296 salariés de l’entreprise dans une véritable impasse industrielle.

L’annonce a été faite lors d’un CSE extraordinaire à la mi-avril. Le groupe japonais n’a rien trouvé de mieux que de proposer un projet juridique visant à découper l’entreprise en trois entités distinctes et juridiquement indépendantes les unes des autres. Une stratégie qui permettrait au groupe Toray de se dégager d’une grande partie de ses responsabilités sociales envers les salariés.

Comme si ce projet, déjà inquiétant et sans réelle perspective industrielle, ne suffisait pas, la direction propose de dénoncer l’ensemble des accords d’entreprise, balayant ainsi des décennies d’acquis sociaux hérités notamment de l’époque Rhône-Poulenc : 13e mois, mutuelle, congés de pénibilité, budget des activités sociales et culturelles, etc.

La remise en cause de ces droits, combinée au découpage juridique de l’entreprise, fait craindre le pire scénario à court terme pour l’avenir du site et de ses salariés.

Les syndicats CGT et CFDT ont dénoncé avec force ce projet stratégique mortifère porté par le groupe. La lutte s’organise déjà pour faire échec à cette offensive patronale. Plusieurs tracts ont été diffusés afin d’informer les salariés et de préparer la mobilisation.

Face aux inquiétudes légitimes du personnel et des organisations syndicales, la direction a adressé un message aux salariés affirmant qu’aucune conséquence ne toucherait les emplois ni les droits acquis. Mais alors, pourquoi dénoncer tous les accords d’entreprise ?

Assez de mensonges ! Le syndicat CGT exige désormais des garanties écrites et refuse de se satisfaire des discours rassurants relayés par des représentants de la direction qui ne disposent d’aucun véritable pouvoir de décision.

Un mouvement de grève

La colère monte dans les ateliers : un mouvement de grève initié par des délégués CGT a déjà vu le jour.

La Fédération THCB dénonce avec la plus grande fermeté ce projet industriel sordide, qui pourrait conduire, à terme, à la disparition de l’activité sans que le groupe n’assume ses responsabilités sociales.

Notre histoire fédérale nous a déjà confrontés à ces stratégies industrielles destructrices. Rhône-Poulenc, Rhodia, Solvay, et plus récemment Domo Performance, sont autant d’exemples du démantèlement progressif de l’industrie textile artificielle et chimique dans la région Rhône-Alpes.

Nous appelons les salariés et les syndicats à s’organiser rapidement, à rester unis et déterminés dans leur opposition à ce projet.

La Fédération THCB se tient prête à interpeller les ministères concernés afin de dénoncer cette stratégie industrielle hasardeuse, si les syndicats CGT et CFDT en font la demande.

Une chose est certaine : l’attaque portée contre l’avenir des emplois et des acquis sociaux exige la plus grande fermeté et l’engagement de toutes les structures de la CGT.


Source  : Journal du THCB mai 2026 (photo : image d'archives)


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