
Publié le 01/06/2026
Ce groupe de textile artificiel, passé successivement entre les mains de Rhône-Poulenc dans les années 1990, puis de Rhodia, Solvay et enfin du groupe belge Domo, vient d’être sacrifié de la pire des manières pour les salariés : une liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de commerce de Lyon.
Et ce ne sont pas les agissements de dernière minute du ministère de l’Industrie auprès des organisations syndicales, alors qu’il n’avait déjà rien fait en 2019, qui permettront aujourd’hui d’apporter une solution industrielle crédible.
Pourtant, lors du rachat par le groupe Domo, la fédération THCB avait déjà alerté le ministère de l’Industrie sur le montage de cette filiale française indépendante, qui laissait présager un scénario catastrophe pour les salariés. Malheureusement, nous y sommes aujourd’hui, et dans les pires conditions.
Plus aucune responsabilité sociale de la part des grands groupes qui ont façonné ces entreprises au fil des décennies.
Le site de Valence a lui aussi été liquidé par le tribunal, alors même que l’entreprise disposait d’un carnet de commandes solide, d’une trésorerie saine et d’un outil industriel modernisé après l’incendie de 1996 qui avait touché un atelier de production.
Enfin, comment ne pas dénoncer l’incapacité totale d’un État prétendument stratège, incapable de préserver à temps la chaufferie centrale de Domo à Belle-Etoile, qui alimentait encore plusieurs sites chimiques où travaillent aujourd’hui plus de 2 500 salariés ?
C’est cela, la réalité d’un désastre industriel et social.
Des fraudes sociales à grande échelle
Mais Domo ne s’est pas contenté de liquider ces entreprises. Le groupe a également organisé de véritables fraudes sociales à grande échelle : pillage des comptes épargne-temps (CET) des salariés, dont certains avaient accumulé plusieurs centaines de jours pour anticiper leur départ à la retraite, arrêt du paiement des cotisations URSSAF, des caisses de retraite et de la mutuelle des salariés.
Une situation inédite, avec plus de 5 millions d’euros du CET envolés en fumée au détriment des travailleurs.
Cette situation provoque désormais un imbroglio juridique entre les services de l’État, les "AGS" (assurance de garantie des salaires), France Travail, l’Unédic et le gestionnaire de la mutuelle concernant les primes de licenciement, l’ouverture des droits à l’assurance chômage, les garanties du fonds de solidarité ou encore la portabilité de la mutuelle obligatoire après licenciement.
Chacun se renvoie aujourd’hui la responsabilité afin d’éviter de créer un précédent face à ce vide juridique inédit.
Face à ces opérations frauduleuses, les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC, UNSA et CGT n’ont pas hésité à engager plusieurs procédures judiciaires pour abus de biens sociaux, abus de confiance, fraude aux cotisations sociales, escroquerie et entente illicite.
Notre fédération THCB CGT se porte partie civile
Lors de sa dernière commission exécutive, la fédération THCB a décidé de se porter partie civile aux côtés des salariés. Nous demanderons également à la Fédération de la Chimie ainsi qu’à la Confédération CGT d’en faire de même afin que ces patrons voyous soient condamnés.
Enfin, comme beaucoup d’autres, la fédération THCB reste profondément perplexe face au silence assourdissant du gouvernement, des ministères de tutelle, mais aussi des responsables politiques locaux et régionaux, ainsi que du
tribunal de commerce, à l’exception notable de Paul Christophle député de la Drôme, sur ce drame industriel et social.
► Source : Journal du THCB mai 2026
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