
Publié le 27/04/2026
Le 26 mars à Pont-de-Claix en Isère, la CGT organisait les « Assises du Made in France », permettant de rassembler plus de 250 participantes et participants à proximité immédiate du site industriel de Vencorex.
Ainsi, entre tables rondes et interpellations directes des pouvoirs publics, cette journée a pu mettre en lumière l’urgence d’une rupture avec les politiques de casse industrielle.
La gravité de la situation
Dans le même temps, alors que les débats portaient sur l’avenir de notre industrie, les mauvaises nouvelles se sont accumulées, confirmant la gravité de la situation.
En réunissant des syndiqué·es des fédérations industrielles de la CGT, représentants de l’État et du patronat, ces Assises n'étaient pas un simple colloque de plus. Bien au contraire, dans un contexte marqué par la multiplication des fermetures de sites et des plans de licenciements, près de 550 recensés par la CGT en deux ans, l’enjeu est vital puisqu’il s’agit de mettre un terme à la désindustrialisation et de replacer l’emploi au cœur des choix économiques.
Vencorex : révélateur d’un véritable scandale
Dans ce cadre, le cas de Vencorex s’est imposé comme le révélateur d’un véritable scandale. Dès la veille des Assises, le mercredi 25 mars, une décision du tribunal de commerce de Lyon est venue assombrir les échanges en illustrant le mépris persistant des autorités pour l’industrie en France. En choisissant de brader la reprise de Vencorex à un ferrailleur, le tribunal patronal a écarté le projet industriel solide d’Exalia porté par la CGT. Alors que ce projet CGT visait le maintien de l’activité et la sauvegarde des emplois via une SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif), c’est une véritable liquidation déguisée qui a été actée. Ce choix du tribunal d’exception que sont les tribunaux de commerce (où les salariés n’ont même pas le droit de faire appel des décisions qui les concernent directement) constitue un scandale pour les 480 salarié·es directement menacés ainsi que pour les 5 000 emplois indirects de la plateforme chimique, dépendants de ce site stratégique pour le nucléaire et la potabilisation de l’eau.
Face à cette décision inacceptable, la CGT a immédiatement interpellé le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, en exigeant la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les conditions de la décision du tribunal de commerce dans ce dossier. Dans ce contexte particulièrement alarmant, la présence du ministre de l’Industrie lors de la table ronde de l’après-midi n’a pas permis de répondre aux attentes. En effet, face à la Secrétaire générale de la CGT Sophie Binet offensive, il est apparu incapable d’apporter des réponses concrètes à la vague de fermetures en cours.
Exalia, Duralex, 1336 : les salariés s’organisent
La matinée des Assises a également démontré qu’aucune fatalité ne s’impose aux travailleuses et travailleurs. En effet, les exemples d’Exalia, de Duralex ou encore des 1336 montrent que lorsque les salarié·es s’organisent, des alternatives crédibles émergent.
À ce titre, la CGT ne se limite pas à dénoncer, elle porte des propositions concrètes et structurantes en revendiquant un conditionnement strict des aides publiques afin qu’aucun euro ne soit versé à des entreprises qui licencient, en exigeant un renforcement des droits des salarié·es pour peser sur les choix stratégiques et porter des projets de reprise, et en appelant à une véritable planification industrielle de l’État garantissant une transition environnementale qui ne sacrifie ni l’emploi ni les filières stratégiques.
Un terreau pour l’Extrême droite
Enfin, comme cela a été rappelé lors de ces Assises, le recul de l’industrie constitue un terreau pour l’extrême droite. Ainsi, réindustrialiser le pays revient à lutter contre le déclassement social et à redonner des perspectives de dignité aux travailleuses et travailleurs. Plus que jamais, l’heure est à l’action. Dans cette bataille, la CGT continuera d’intervenir partout où l’outil de production est menacé, avec la détermination de défendre l’emploi, les savoir-faire et l’avenir industriel.
Domo Polytechnyl : plus de 450 emplois menacés à Saint-Fons pour la chimie et à Valence pour le textile
Loin d’être un cas isolé, la situation de Polytechnyl, filiale du groupe belge Domo, vient confirmer l’hémorragie industrielle dénoncée sans relâche par la CGT. Aujourd’hui, plus de 450 emplois sont menacés à Saint-Fons pour la chimie et à Valence pour le textile. Là encore, le scénario est édifiant puisque l’offre de reprise dite minimaliste du fonds d’investissement américain Lone Star ne prévoit de conserver que 72 salarié·es sur 550, en se concentrant uniquement sur les brevets et la marque, au détriment de l’outil de production et de l’immobilier. Dès lors, c’est un savoir-faire de 70 ans qui risque de disparaître purement et simplement, alors même que le carnet de commandes est plein. De fait, les salarié·es paient le prix des difficultés rencontrées par les filiales allemandes du groupe, et, par effet d’entraînement, c’est l’ensemble de l’écosystème de la Vallée de la Chimie qui pourrait s’effondrer.
Le 14 avril à Bercy, les syndicats de Polytechnyl n’ont obtenu aucune aide pour assurer la transition, malgré une demande de 10 millions d’euros pour sauvegarder les sites. Pendant que le ministre affirme suivre la situation de près, les ateliers, eux, s’arrêtent faute de matières premières.
Les faits confirment ce que la CGT n’a cessé d’alerter. Sans conditionnement des aides publiques et sans véritable planification industrielle de l’État, l’effondrement industriel devient inévitable. Pourtant, le gouvernement poursuit la distribution de dizaines de milliards d’euros aux grands groupes sans aucune contrepartie, finançant ainsi, avec l’argent public, ceux qui organisent la liquidation de nos outils de production.
Des licenciements chez Chantelle
Chez Chantelle, la direction parle de relocalisation des productions mais licencient les salarié·es. Le plan de restructuration supprimant deux sites logistiques dans la Somme de Péronne et de Villers-Bretonneux a été acté au mépris des conséquences sociales pour les salariés concernés. Il en va de même sur les suppressions d’emplois au bureau d’étude à Epernay dans la Marne.
La CGT défend la relocalisation des productions pour le progrès social et environnemental. Une partie de ce qui est consommé ici doit être produit ici
La CGT défend la relocalisation des productions pour le progrès social et environnemental, c’est-à-dire qu’une partie de ce qui est consommé ici doit être produit ici. La communication gouvernementale et patronale qui parle de « made in France » et fait l’inverse est inacceptable. C’est ce que nous continuerons à porter dans les entreprises et dans le débat public.
► Source : Journal du THCB avril 2026
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