
Publié le 22/07/2026
On parle beaucoup des écoles où les élèves peinent à apprendre dans des salles surchauffées, des hôpitaux confrontés à des températures qui compliquent les conditions de soins ou encore de ces logements passoires qui deviennent invivables dès les premiers épisodes de canicule. Et c'est bien normal. Le dérèglement climatique s'impose désormais dans notre quotidien. Pourtant, un sujet demeure trop souvent le parent pauvre de ce débat, celui des conditions de travail. Les épisodes de forte chaleur arrivent plus tôt, durent plus longtemps et exposent chaque année davantage de salariés de nos professions à des risques bien réels.
Travailler dans des températures extrêmes ne peut pas devenir une nouvelle normalité. La santé des salariés n'est pas une variable d'ajustement. L'article L4121-1 du Code du travail impose à l'employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs. Pourtant, entre cette obligation et la réalité dans les entreprises, le fossé reste souvent immense. Quelques bouteilles d'eau, un ventilateur ou une adaptation de dernière minute ne suffisent pas. Les salariés n'attendent pas des mesurettes, mais des décisions concrètes pour travailler sans mettre leur santé en danger.
Lorsque la chaleur fait peser un danger grave et imminent sur la santé, les représentants du personnel peuvent exercer leur droit d'alerte et les salariés peuvent, selon les circonstances, faire valoir leur droit de retrait. Mais notre ambition ne peut pas se limiter à gérer l'urgence. Il nous faut anticiper, prévenir et construire de nouveaux droits adaptés aux réalités climatiques.
Comme en 1936, la CGT est déterminée à faire reconnaître que le travail doit aussi laisser une place à la santé, au repos et à la vie avec ses proches
Cette année, nous célébrons les 90 ans des conquêtes sociales de 1936. Les accords de Matignon ont permis la création des conventions collectives, la semaine de 40 heures, les quinze jours de congés payés et la reconnaissance de nouveaux droits pour les salariés comme les délégué·es du personnel dans les entreprises. Rien n'a été offert. Ces avancées sont le fruit des luttes des travailleurs par la généralisation des grèves, avec une CGT déterminée à faire reconnaître que le travail devait aussi laisser une place à la santé, au repos et à la vie de famille.
Alors que beaucoup s'apprêtent à profiter de congés bien mérités, souvenons-nous que ce droit est le résultat d'un rapport de force victorieux. Le plus bel hommage que nous puissions rendre aux conquêtes de 1936 n'est pas seulement de les célébrer, mais d'en prolonger l'esprit. Face à l'urgence climatique, il nous appartient de gagner de nouvelles protections pour les salariés. Comme en 1936, c'est par la mobilisation, la négociation et l'action collective que nous construirons les conquêtes sociales de demain.
Hassen NASSI
Secrétaire général
Editorial du journal de la Fédération THCB, juillet 2026
► Source : Journal du THCB juillet 2026
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