Présomption de démission pour « abandon de poste »

Publié le 09/02/2026

Par une loi de décembre 2022, le salarié en abandon de poste est désormais présumé démissionnaire et donc privé de ses droits au chômage (avant, s’il ne revenait pas, le salarié devait être licencié pour faute, ce qui ouvrait droit au chômage). 

Cette mesure vient s’ajouter aux attaques à l’assurance chômage et à la stigmatisation des privé.es d’emploi qu’on présente responsables de leur situation. C’est d’autant plus injuste quand on sait que l’abandon de poste est parfois le dernier recours d’un salarié en situation de souffrance dans son travail, c’est-à-dire dans une situation en réalité imputable à l’entreprise. 
Un décret d’avril 2023 vient préciser la mise en œuvre de cette présomption, face à laquelle nous devons être extrêmement vigilants.

Procédure de mise en demeure par l’employeur :

L’employeur doit avoir mis en demeure le salarié de reprendre son poste, par lettre recommandée ou remise en main propre contre décharge, en précisant au salarié le délai dans lequel il doit reprendre son poste et lui indiquant qu’au-delà il serait réputé démissionnaire. 

Délai minimum dans lequel le salarié doit reprendre son poste : 15 jours minimum

C’était sûrement l’élément du décret le plus attendu. Dans un délai d’au moins 15 jours (l’employeur peut choisir de l’augmenter), le salarié doit soit reprendre son poste soit justifier son absence par des motifs considérés comme légitimes par la loi. Il s’agit d’un délai très court au vu des conséquences dramatiques pour le salarié de le laisser filer…

Motifs jugés légitimes et qui font obstacle à la présomption de démission :

Selon le décret, ces motifs sont : raisons médicales (à justifier par un certificat médical), exercice du droit de retrait, du droit de grève, refus d’exécuter une instruction contraire à une réglementation ou d’une modification de son contrat de travail. En dehors de ces cas très réduits, le salarié sera réputé démissionnaire.  


Source  : Journal du THCB mai 2023